Edito 2018 de Vincent Dumestre

De Saint-Claude à Arbois, de Baume-les-Messieurs à Romainmôtier, c’est désormais tout le territoire jurassien qui accueillera nos aventures musicales. Bienvenue, donc, au Festival de Musique Baroque du Jura ! Un nouveau nom qui reflète cet heureux épanouissement : Arbois et Romainmôtier rejoignent pour la première fois la route de nos concerts, tout comme Moirans-en-Montagne. Une manière, également, de reconnaître la place du répertoire baroque, qui a fait les grandes heures et le caractère unique de notre rendez-vous.

Plus de lieux, plus d’événements aussi : une grande vingtaine cette année, au fil de trois thématiques pour trois weekends de plaisirs. Un voyage historique d’abord, au gré des « Guerres et conquêtes ». Baume sur les plaies du XXe siècle, la Misa Criolla de Ramírez unit le souvenir des polyphonies anciennes aux rythmes d’Amérique latine, qui coulent dans les veines de l’ensemble argentin La Chimera. La Clique des Lunaisiens nous rapporte les sons de la Révolution française dans « France 1789 », tandis que l’Ensemble Clément Janequin nous emmène d’Azincourt à la Grande Guerre, de Janequin lui-même au truculent Cri du Poilu.

« Les Contemplations » nous rapprochent du violon méditatif de Biber, que l’ensemble Ausonia associe à la danse Nô, du violon secret de Bach, servi par la brillante jeunesse de Théotime Langlois de Swarte, de la harpe espagnole enchantée par Sara Agueda dans la tour de Baume. Marc Mauillon – pour des concerts dans les fameuses grottes de Baume les Messieurs ! –, Le Poème Harmonique, et Le Consort – dirigé du clavecin par Justin Taylor et avec la sensationnelle Eva Zaïcik, récemment découverte au concours Voix Nouvelles et aux Victoires de la musique – explorent les mystères de la parole dans des programmes vocaux, de Guillaume de Machaut à l’incontournable Miserere d’Allegri.

Dans la vérité de l’ivresse enfin, « In vino veritas », le chant ailé de la soprano Emöke Baráth rend hommage à la compositrice Barbara Strozzi, Cantar Lontano mêle les musiques du Siècle d’Or espagnol aux improvisations jazz, et Le Poème Harmonique clôt les réjouissances avec Isabelle Druet, sur les rythmes endiablés de Danza !

Aux temps forts des concerts répondent nombre de joyeuses syncopes pour rapprocher spectateurs et artistes : répétitions ouvertes, conférences-concerts, dégustations musicales… Même les plus jeunes ne sont pas oubliés avec Les Enfants de la malle, spectacle pour enfants qui sera présenté en tournée, dans le cadre d’un nouveau partenariat avec le Festival Ideklic. Une autre première, enfin, illuminera cette édition : la possibilité pour tous de se restaurer et de profiter d’un verre sur les lieux des concerts, pour vivre toujours plus intensément nos coups de cœur festivaliers !

Vincent Dumestre – Directeur artistique