WEEKEND 2 – Les Contemplations

RÉSIDENCE À BAUME-LES-MESSIEURS

Plus la musique échappe aux exigences du monde, plus son temps semble s’élargir, jusqu’à ouvrir les abîmes du rêve et de la contemplation.

Biber, dont les Sonates du Rosaire enserrent la vie du Christ dans les quatre cordes d’un violon, libère sur l’instrument le souffle de la Passion, qui habite aux côtés de Mira Glodeanu et Frédérick Haas la danse nô de Masato Matsuura. Par la seule magie des cordes également, la harpiste Sara Agueda suggère l’infinité poétique où séjourne le siècle de Calderón, à travers les chansons et les danses du baroque espagnol. Dans l’intimité de Coethen, où les calvinistes proscrivent la musique d’église, Bach se tourne lui aussi vers le violon pour livrer les secrets de ses Sonates et partitas, sommets du répertoire défendus par le jeune virtuose Théotime Langlois de Swarte.

 Le Taylor Consort parcourt la France baroque en marge des grands opéras, attiré par les formes chambristes et accompagné par l’impétueuse Eva Zaïcik. Après les pérégrinations vocales et spirituelles de Marc Mauillon, Le Poème Harmonique referme ce weekend sur des airs amoureux passés dans les profondeurs du sacré, où se glisse le célèbre Miserere d’Allegri.


VENDREDI 15 JUIN
20h30 – Abbatiale
Les mystères de la Rose

Ensemble Ausonia 
Mira Glodeanu, violon
Masato Masuura, danse de Nô
James Munro, violone
Frédérick Haas, clavecin, orgue


Matthias Weckmann – Toccata en ré, pour orgue
Heinrich Biber – Rosenkranz Sonate I – Annonciation, danse Jurokomai
Johann Schop – Confitebor tibi Domine in A, pour violone et basse continue
Johann Jakob Froberger – Suite X en la mineur, pour clavecin – Allemande, gigue, courante, sarabande
Heinrich Biber – Rosenkranz Sonate VII Flagellation
Johann Jakob Froberger – Tombeau fait à Paris sur la mort de Monsieur Blancheroche
Heinrich Biber – Rosenkranz Sonate XIII, Pentecôte, Hagoromo
Passacaglia a violino solo
Philippe van Wichel – Sonata IV in D per violine e basso viola

Note sur le programme : 

Le Rosaire de H. I. F. Biber est une œuvre majeure : vision, contemplation, rêverie poétique et rayonnante, qui ouvre la porte de la vaste succession des plus grands maîtres du violon polyphonique – Bach, Enesco ou Bartòk, tous compositeurs issus du même Orient européen.

Afin de présenter au public d’aujourd’hui cette musique qui fut ciselée pour l’émerveillement d’un public restreint, nous avons composé un programme en dialogue avec d’autres œuvres instrumentales de la même époque, enrichi par la présence d’un grand acteur japonais : la spiritualité de la musique de Biber trouve un écho troublant dans le grand théâtre sacré du Nô, à travers un tissu infini de liens et d’incidences qui rayonne au-delà des formes dans le dialogue de deux traditions anciennes et fascinantes.

Hagoromo est harmonie. Le rituel et la fête y préparent la rencontre des hommes et des dieux. Mais c’est d’abord la surprise qu’un esprit du ciel puisse être destiné à mourir. Et puis, le cadeau divin de la musique et de la danse, fait à l’humanité par cet esprit venu du ciel. Hagoromo célèbre la naissance de la musique et de la danse, au cœur de la nature joyeuse du printemps.


Avant le concert
19h30, Salle Gothique

Dégustation de vins et présentation du weekend 

SAMEDI 16 JUIN
13h30 et 14h45 – Tour
COMO UN SUEÑO

Sara Agueda, harpe (concerts de 30’)

Note sur le programme : 
La harpiste Sara Agueda nous emmène au temps de Calderón, dans ce XVIIe siècle espagnol qui voit la poésie la plus noble dialoguer avec la verve populaire, et les rêves du mendiant se confondre avec ceux du seigneur. Entre danses et chansons, rythmes enflammés et mélodies étoilées, les musiques de Lucas Ruiz de Ribayaz et Juan Hidalgo évoquent, dans la résonance onirique des cordes, tout un théâtre baroque.

13h30 et 14h45 – Chapelle
BACH – A VIOLINO SOLO


Théotime Langlois de Swarte

joue Bach (concert de 30 minutes)

Concerts éclairés à la bougie

Note sur le programme :

Sommet de la littérature pour violon, les Sonates et Partitas de Bach naissent dans l’intimité de Coethen, où la foi calviniste interdit la musique d’église. Le musicien, dans ces années où s’éteint sa première femme, y laisse parler les blessures les plus secrètes et les élans les plus lumineux. À la fin de la Partita en ré mineur se trouve la pièce maîtresse du cahier, la monumentale et tragique Chaconne, maintes fois adaptée. Théotime Langlois de Swarte, nouveau champion du violon baroque, en associe le chant inexorable à celui, plus enlevé, de la Première fantaisie de Telemann.

18h – Salle Gothique

CONFÉRENCE – CONCERT
FRANCOEUR, MACHY ET RAMEAU

Justin Taylor, clavecin ; Sophie de la Bardonneche, violon ; Louise Pierrard, viole de gambe

Musique instrumentale française

Note sur le programme : 
Le Taylor Consort raconte la France baroque à travers sa musique instrumentale. Du chant secret de la viole, tel que révélé par le Sieur de Machy, aux balancements de Francœur entre l’Opéra et la Chambre du roi, en passant par l’invention débordante de Rameau et les pérégrinations européennes de Froberger, une exploration en compagnie d’un des plus talentueux ensembles récemment découverts.

20h30 – Abbatiale
MUSIQUES SACRÉES A ROME

Le Poème Harmonique, Vincent Dumestre

Breve vita nostra
Concert éclairé à la bougie

Note sur le programme :
Art du verbe et des passions, la musique baroque puise dans la poésie ses accents amoureux et guerriers. Langage ardent, que s’approprieront très tôt les chapelles : Monteverdi lui-même habille de paroles sacrées ses plus belles pages profanes, et plusieurs auteurs réécrivent pour l’église les textes de ses madrigaux. Le Poème Harmonique suit ces métamorphoses musicales qui touchent également ses contemporains, et aborde une œuvre elle-même marquée par ses transformations au fil des âges : le célébrissime Miserere d’Allegri.

Avant le concert
15h-18h, Abbatiale

Répétition publique du Poème Harmonique

DIMANCHE 17 JUIN
14h00 – Salle Gothique

Concert Conférence

Jean-François Lattarico, conférencier ; Jan van Elsacker, ténor ; Marouan Mankar, clavecin.

Note sur le programme :
En musique comme ailleurs, la célébrité appelle le détournement. Pour faire rire ou pour séduire, les airs les plus en vogue ont toujours connu de nouvelles vies au théâtre, à l’église ou dans les récréations des amateurs. Ainsi, à l’époque baroque, quand les mots subvertissent les sons et les passions l’harmonie, le langage de l’opéra devient celui des chapelles. Abordant notamment le cas de Monteverdi, le musicologue et italianiste Jean-François Lattarico revient sur ces métamorphoses qui touchent les musiques guerrières et amoureuses.

15h00 et 15h45 – grottes 

Songline
(concerts de 30 minutes)

Marc Mauillon, baryton

 Note sur le programme : 
Pour se repérer dans le désert australien, les aborigènes chantent leur itinéraire au rythme de la marche. C’est leur exemple que suit Marc Mauillon, parcourant seul, du haut Moyen Âge aux créations de notre époque, les lignes vocales qui accompagnent sa vie. Un récital nomade où la voix relie des mondes éloignés dans le temps et l’espace, où se rencontrent Guillaume de Machaut, Georges Aperghis, Blanche de Castille et Meredith Monk.

Avant le concert
12h00 – Cave

Dégustation de vins commentée en musique par Lucas Peres, gambiste

18h – Abbatiale
Concert de clôture du weekend

Le Taylor Consort
Eva Zaïcik, mezzo soprano ; Théotime Langlois de Swarte et Sophie de Bardonnèche, violons ; Anna Besson, flûte ; Louise Pierrard, viole de gambe ; Justin Taylor, clavecin & orgue

Note sur le programme :
Accessible à une voix entourée de quelques instruments, la cantate inspire des compositeurs éloignés de l’Opéra, qui rejouent à échelle réduite, dans le cadre intime des salons, les histoires à la mode. Un genre subtil où se sont illustrés Clérambault et Montéclair, faisant valoir un chant tour à tour délicat et impétueux, des harmonies savoureuses, une peinture saisissante des caractères. Les titres de leurs œuvres révèlent les affinités d’un public rêveur, entre le dépit amoureux qui enveloppe La Mort de Didon et les douceurs idylliques de La bergère. Le Taylor Consort en réveille les accents passionnés en compagnie d’Eva Zaïcik, révélée cette année par le concours Voix Nouvelles et les Victoires de la musique.

Avant le Concert
14h-17h, Abbatiale

Répétition publique du Taylor Consort

17h – extérieur
Rencontre et dialogue avec le public en présence de Vincent Dumestre et de ses musiciens